Traits baroques

vendredi 7 septembre 2007
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Exposition organisée par le Cabinet des Estampes et des Dessins
dans le cadre du 300e anniversaire de la mort du sculpteur Jean Delcour

Du 07 septembre au 18 novembre 2007

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« Liège rend hommage à Jean Del Cour »

A travers une abondante sélection, Liège rend hommage à l’un des plus grands représentants de la sculpture baroque : Jean Del Cour, dont l’année 2007 correspond au tricentenaire de sa mort. Tous les Liégeois connaissent le nom de Del Cour et l’associent à l’une ou l’autre de ses œuvres les plus célèbres, telles la Vierge en bronze de Vinâve d’Ile, le Christ mort en marbre, actuellement à la Cathédrale Saint-Paul ou encore le groupe des Trois Grâces surmontant le Perron sur la Place du marché. C’est grâce à cet artiste que la réception du baroque se fit en la Cité ardente peu après le milieu du XVIIe siècle. Del Cour reçut sa formation dans l’orbite de quelques uns des plus grands maîtres de ce courant, dont le Bernin. Il devint ainsi le plus célèbre et le plus prolixe des sculpteurs baroques, non seulement de Liège, mais de toute la Wallonie.

Commissaires : Albert Lemeunier et Michel Lefftz
L’exposition se tient à l’église Saint-Barthélemy du 17 octobre 2007 au 3 février 2008

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Jean-Gilles Des Cour (1632-1695)
Frère de Jean Del Cour. Le Martyre de saint Christophe, dessin préparatoire à un tableau conservé à la Basilique Saint-Martin de Liège. Dessin acquis récemment grâce à l’intervention de la Fondation Roi Baudouin


L’exposition « Traits baroques »

Dans le cadre de cet hommage, le Cabinet des Estampes et des Dessins a souhaité s’associer à la manifestation en présentant un aspect moins connu de cet art baroque : le dessin.
Traits de peintres ou de sculpteurs, des dizaines d’esquisses réalisées à la sanguine ou au crayon, sont conservées dans ce musée et proviennent pour la plupart de la collection du chanoine Hamal. Rarement exposées, ces œuvres présentent un intérêt indéniable car elles autorisent des rapprochements, des comparaisons avec des peintures ou des sculptures et parfois confirment ou infirment certaines attributions. Il s’agit en tous cas d’un véritable nid d’informations sur le fonctionnement des ateliers, les liens entre les artistes, les sources d’inspiration à la mode, l’activité artistique qui régnait à Liège à cette époque.
Au vu de la complexité du sujet, nous avons bénéficié des conseils avisés de deux spécialistes en ce domaine : Pierre-Yves Kairis pour la peinture et Michel Lefftz pour la sculpture, tous deux docteurs en histoire de l’art. Leur collaboration a permis de proposer un regard scientifique sur le rôle du dessin.

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Englebert Fisen (1655-1733)
Saint Michel térassant le démon. Dessin sans doute réalisé comme modèle pour un sculpteur


Les peintres :

Les dessins de peintres retenus pour l’exposition Traits baroques illustrent les principaux noms de l’histoire de la peinture au pays de Liège entre 1600 et 1750. Ils peuvent être répartis selon les quatre principales catégories de dessins qui ont été définies par le théoricien français du XVIIe siècle Roger de Piles. On trouve d’abord les études ; celles-ci permettent au jeune peintre de se former la main, spécialement par la copie des œuvres antiques ou d’après les grands maîtres ; on a ainsi conservé beaucoup de copies réalisées par les Liégeois à Rome. On trouve aussi les académies, des dessins faits d’après le modèle vivant. Les pensées constituent les premiers jets pour un tableau. Le peintre dessine parfois des attitudes dont il se constitue un répertoire qu’il exploite au fur et à mesure de sa production. On trouve parmi les pensées de nombreux modelli, ces dessins que le peintre soumettait, parfois en différentes versions, à l’avis du client. Les dessins arrêtés sont des dessins dont les contours sont très achevés et qui peuvent être conçus comme des œuvres d’art autonomes ; ils émergent surtout au XVIIIe siècle, une époque où le dessin devient un objet de collection en soi.

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Arnold Hontoire (1630-1709)
Christ à la colonne. Dessin à la plume


Parmi les principaux noms d’artistes peintres représentés, citons Jean-Baptiste Coclers, Jean-Gilles Del Cour, Englebert Fisen, Bertholet Flémal, Gérard de Lairesse, Jean Latour, Plumier. La majorité de ces dessins sont préparatoires à des tableaux conservés soit dans des églises liégeoises, soit dans les musées étrangers, comme le Louvre, le Musée des Beaux-Arts de Nantes, de Toulouse, de Limoges ou de Copenhague. Les inscriptions manuscrites figurant au dos du dessin et de la main de Hamal sont précieuses (même s’il faut les prendre avec une certaine réserve) car elles identifient les différentes sources d’inspiration : par exemple, un dessin de Jean-Gilles Del Cour réalisé à Rome d’après une fresque de Raphaël ou un autre de Collinet réalisé d’après la sainte Suzanne de Duquesnoy ; de plus ces inscriptions ne sont pas avares de données biographiques sur les artistes, telles les noms des professeurs, les différents séjours, voire même des commentaires sur la qualité de l’œuvre !

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Jean Latour (1719-1782)
Carnet de croquis réalisé lors du séjour de l’artiste en Italie entre 1747 et 1750. Plume et lavis. Dépôt de la Communauté française de Belgique


Les sculpteurs :

Depuis la Renaissance florentine, la théorie artistique traitant de la sculpture a souvent prôné le dessin comme une étape clef dans la concrétisation formelle de l’idée. Sans doute est-ce là, en partie du moins, une conséquence de la formation des théoriciens, peintres pour la plupart. Le dessin est considéré comme fondateur de l’architecture, de la peinture et de la sculpture. Dès le début de son traité sur la peinture, l’italien Vasari exprime parfaitement le rôle du dessin, père des trois arts : « De cette appréhension (de la nature) se forme un concept, une raison, engendrée dans l’esprit par l’objet, dont l’expression manuelle se nomme dessin. Celui-ci est donc l’expression sensible, la formulation explicite d’une notion intérieure à l’esprit ou mentalement imaginée par d’autres et élaborée en idée. » C’est encore dans le même traité que Vasari relate le constat suivant : « certains sculpteurs, peu accoutumés à tracer lignes et contours, ne peuvent dessiner sur le papier ; ils préfèrent donc travailler en relief la terre ou la cire : façonnant des personnages, des animaux et autres sujets, ils réalisent ainsi l’équivalent d’un excellent dessin sur papier ou tout autre support ». Dans le traité sur la sculpture, il ne fait d’ailleurs pas allusion au dessin : « Quand les sculpteurs veulent élaborer une figure en marbre, ils font habituellement un modèle – c’est leur terme -, c’est-à-dire un exemplaire réduit, d’une demi-brasse environ, en terre, cire ou stuc, et ils donnent l’attitude et les proportions de la future statue. »

Parmi les dessins de sculpteurs, on trouve majoritairement des esquisses au crayon ou à la sanguine de Guillaume Evrard : projets de monuments funéraires, figures d’hommes drapés, académies. De la main de Arnold Hontoire, des croquis rapidement esquissés provenant d’un carnet côtoient des projets plus élaborés de guirlandes, d’alcôve ou d’autels. Les noms de Renier Panhay de Rendeux, de Robert Henrard ou de Antoine-Pierre Franck complètent cette sélection :décors de stucs, copies de statues baroques, autant de dessins réalisés à l’encre, au crayon ou au lavis dont certains ont fait l’objet de nouvelles attributions.

Commissariat : Michel Lefftz (sculptures), Pierre-Yves Kairis (peintures)et Régine Rémon (coordination)


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Guillaume Evrard (1709-1793)
Saint Sébastien secouru par un ange. Sanguine de la Collection du chanoine Hamal

Du 07 septembre au 18 novembre 2007
au Cabinet des Estampes et des Dessins
Parc de la Boverie 3
4020 Liège

Du mardi au samedi de 13 à 18h
le dimanche de 11 à 16h30
Fermé le lundi, ainsi que le 1/11, le 2/11 et le 11/11

Prix d’entrée (comprenant la visite du MAMAC) : 3,80 euros ; 2,50 euros pour les étudiants, seniors et groupes ; gratuit pour les enfants, groupes scolaires

Publication :
A l’occasion de cette exposition, le Bulletin du Vieux-Liège consacre un double numéro rédigé par Michel Lefftz et consacré aux dessins de sculpteurs. (en vente au Cabinet des Estampes et à l’église Saint-Barthélemy au prix de 7 euros).


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