Marthe Ansiaux

vendredi 12 décembre 2003
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Présentation de l’œuvre de Marthe Ansiaux, la doyenne des graveurs liégeois, élève de Dacos, qui fêtera également son 90e anniversaire en 2004. Burin et pointes-sèches retraceront son parcours gravé au fil d’une centaine de planches traitées en noir et blanc, mais aussi une série de dessins au crayon et fusain, jamais montrés à ce jour. Cet hommage sera également l’occasion d’un enrichissement important pour les collections du Cabinet des Estampes et des Dessins, grâce à la générosité de l’artiste qui offrira une série de planches parmi les plus représentatives.

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Les escaliers
Pointe sèche

Marthe Ansiaux est née à Liège en 1914, au commencement de la première guerre mondiale. A l’âge de 16 ans, elle commence des études artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Elle doit y renoncer deux ans plus tard, pour des raisons de santé. Après un long séjour de 17 ans à Mons, elle revient à Liège à l’âge de 52 ans. Elle peut enfin réaliser son rêve et entreprendre un cycle complet d"études en dessin et en peinture. Encouragée par la médaille d’or qui lui est attribuée, Marthe Ansiaux opte alors pour une spécialisation en gravure et fréquente assidûment durant trois ans l’atelier du professeur Dacos.

Dans sa recherche d’un outil de travail en relation avec sa sensibilité, elle privilégie la pointe sèche qui deviendra sa technique de prédilection. Ainsi rencontre-t-on l’artiste en train de graver, une plaque de cuivre entre les doigts, sans recourir au dessin préalable. Ses thèmes sont ceux qu’elle côtoie au quotidien, dans son intérieur à Cointe ou lors de promenades le long de la Meuse. Qu’elle dessine ou qu’elle grave, Marthe Ansiaux travaille en regardant et en observant son sujet, sans se soucier de sa plume ou de son outil, sans se soucier du résultat.

À la fin des années nonante, elle a le sentiment d’avoir tout dit en pointe sèche : c’est alors la découverte du burin, moins spontané certes, puisqu’il exige le travail en atelier et le passage par un dessin préalable... mais les nouvelles difficultés séduisent l’artiste.

L’artiste a également laissé quantité de dessins, dont certains semblent être la transposition de certaines planches gravées. Elle délaisse volontiers le crayon ou la plume au profit du marqueur ou encore de l’encre diluée à l’aide d’un bambou, ce qui lui assure la spontanéité tant recherchée.

Inspirée au départ par la peinture chinoise, Marthe Ansiaux est très frappée de trouver chez un de ses grands maîtres l’expression de son propre sentiment : « le noir et le blanc suffisent à tout dire », c’est dans ce sens que son travail se poursuit inlassablement. « Voir les choses, les observer parfois longtemps, essayer de les sentir, de trouver leur sens et leur pourquoi, de graver tout cela, profondément, sur la plaque de cuivre qui attend patiemment, prête à recevoir tout ce qu’on lui apportera. Tout sujet, tout objet mérite d’être dit à condition d’en trouver le cœur. Ne faire intervenir aucun souci d’originalité, l’essentiel est d’être vrai et si possible de dire juste. »

Régine Rémon, Conservatrice du Cabinet des Estampes
(d’après des propos recueillis auprès de l’artiste)

Petites histoires vraies à propos de Marthe Ansiaux

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Les Assiettes
pointe sèche

Prenez une pile d’assiettes.
Bon, la lumière n’est pas toujours la même, mais elles sont là, devant vous les assiettes. Vous pouvez tourner autour, ouvrir ou fermer un volet, pourquoi pas une porte pour rétablir la lumière que vous aviez choisie.
Et même attendre jusqu’au lendemain que revienne à la même heure la lumière que vous vouliez. Vous la faites votre gravure à la pointe sèche et c’est une bien belle gravure.
Et ce n’est pas par hasard si c’est « La pile d’assiettes » que je choisis.
C’est sans doute votre première « grande » gravure... encore que « L’ampoule » n’était pas en reste...). Mais quand vous choisissez une mouche, chez vous à Cointe, en novembre, c’est une autre paire de manches.
Elle court sur la vitre de la fenêtre déjà un peu engourdie par la fin de saison, vous êtes en train de la graver et voici qu’elle risque de mourir là devant vous.
Mais c’est vivante que vous vouliez la graver et vous n’allez quand même pas faire « semblant ». Il vous faut la réalité. Avec vos lunettes, vous ne distinguez pas vraiment la différence entre deux mouches .
Et dans votre maison il en reste au moins une vivante.
Vous augmentez le chauffage pour prolonger une ou l’autre d’entre elles jusqu’à ce que vous ayez terminé votre planche....
Les choses évidemment se compliquent à la première neige quand vous croquez - toujours avec la même pointe directement sur le cuivre - des étourneaux noirs plus que noir sur ce fond blanc ( blanc ?).
Vous n’êtes pas rapide et la neige fond avant que vous ayez terminé...tout change
évidemment.
Les oiseaux seront alors - et pour une fois seulement - terminés « de mémoire ».
Trahison ?
Vous avez besoin de la réalité.
Vous ne copiez pas la réalité, vous la conjuguez au subjectif.

Dacos,
graveur

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