Léonard Defrance et le Mercure volant de Raphaël

Janvier 2014
mercredi 1er janvier 2014
par  Musee
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Léonard DEFRANCE
Mercure volant, d’après Raphaël
Crayon sur papier
Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)


Léonard Defrance (Liège, 1735-1805), considéré comme le premier des peintres modernes liégeois, a une vingtaine d’années lorsqu’il est envoyé à Rome en qualité de boursier de la Fondation Darchis, de 1755 à 1759. Malgré les conditions qu’il juge précaires - il ne reçoit qu’un seul repas par jour et doit fournir lui même le matériel- , l’artiste met à profit ce séjour, conscient qu’il doit encore perfectionner sa technique du dessin : « J’assure ne pas avoir laissé un seul jour, dans le cours de trois années, sans l’avoir sacrifié à dessiner » . Il visite les monuments historiques, les musées et s’inspire des maîtres. Il dessine d’après le modèle vivant, d’après l’antique ou d’après des académies.

Defrance s’attarde à la Villa Farnésine et plus particulièrement à la loggia de Psyché, décorée vers 1510 par Raphaël et ses élèves les plus brillants. La découverte du grand maître ne l’impressionne pas outre mesure à en croire ses écrits : « J’avoue qu’en découvrant les œuvres du célèbre Raphaël que l’on m’avait tant vanté et qu’on me vantait encore en me les montrant, je fus surpris de n’y rien trouver qui me frappât ».

L’artiste réalise néanmoins une série de dessins très soignés reproduisant fidèlement des œuvres de Raphaël, dont Le Triomphe de Galatée ou encore Le Mercure volant qui orne un des écoinçons de la loggia. Il ne s’encombre pas des guirlandes de fleurs et de fruits du décor mais se concentre sur le dieu volant au secours de Psyché, muni de sa trompette, ses sandales et son casque ailés. Avec finesse, il trace au crayon des traits hachurés pour suggérer les ombres et les volumes.

Defrance n’est pas le seul à avoir été séduit par cette figure pleine d’envolée. Bon nombre d’artistes, qu’ils soient peintres, sculpteurs, dessinateurs ou graveurs, l’ont copiée avant lui et la copieront encore après lui. Citons le graveur François Perrier, le sculpteur Bouchardon, ou encore Jean-Honoré Fragonard, pensionnaire à l’Académie de France et ami du Liégeois. Quant à Ingres, admirateur inconditionnel de Raphaël - « Raphaël n’est pas un homme mais un Dieu descendu sur la terre » -, il séjourne à la Villa Médicis de 1806 à 1809 et consacre au Mercure volant une grande peinture sur toile, haute en couleurs et en qualité plastique, dans des dimensions proches de l’original.

Le dessin de Defrance, réalisé à Rome durant sa période d’apprentissage, témoigne d’une grande maîtrise technique et supporte aisément la comparaison avec les versions des maîtres français. Par la suite, sa production dessinée sera dominée par des esquisses à la sanguine, nerveuses et spontanées : des pensées préalables aux scènes de genre qui constituent autant de témoignages sociaux de la vie à Liège au XVIIIe siècle.

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Régine Rémon
1re Conservatrice du BAL

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