L’influence du câble de l’ALE sur le cadrage des hirondelles

Mars 2015
dimanche 1er mars 2015
par  Musee
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Jacques Louis NYST (1942 - 1997)
L’influence du câble de l’ALE sur le cadrage des hirondelles, 1976
Photo-graphisme
Legs de l’artiste, 2007
Collection du Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)


« Se mettre en état d’attention, regarder le monde réel,
apprendre à lire ce qu’il a de signifiant. Exprimer cela
par un document directement lisible par la pensée
 »
Jacques Louis Nyst, avril 1972

Jacques Louis Nyst est né en 1942 à Liège. Très jeune, vers l’âge de 14 ans, il commence à peindre et à dessiner. Lors d’une visite de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958, il rencontre Danièle qui deviendra sa partenaire tant dans la vie que dans la pratique artistique. Peu intéressé par les études, il renonce aux épreuves du jury central vers lesquelles son père l’avait encouragé et choisit de consacrer sa carrière à la peinture. Installé à Madrid en 1960, il suit durant un an un cursus très classique à l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando. C’est le service militaire qui l’oblige à rentrer en Belgique. Ce dernier achevé, il s’inscrit alors à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.

Ses premières œuvres, teintées de surréalisme, traduisent en images son monde mental. Progressivement, autour de 1967, sa pratique évolue vers l’abstraction lyrique. En 1969, il se nourrit de lectures philosophiques orientales et porte plus particulièrement son intérêt pour la philosophie zen, le bouddhisme et la notion de vide dans la JPEG - 1 Mo culture chinoise. Ces premières années de carrière posent les fondements de sa démarche artistique, tels que le goût pour la simplicité, le dépouillement et les choses isolées qui pour lui constituent une forme de liberté et même de spiritualité.

En 1971, il fait partie de ces premiers plasticiens belges à se lancer dans l’aventure de l’art vidéo. à la galerie progressiste liégeoise Yellow Now (rue Roture), il participe avec d’autres aux « Propositions d’artistes pour un circuit fermé de télévision ». Si ce passage à la vidéo le fait connaître internationalement, Jacques Louis Nyst se veut un artiste interdisciplinaire, décloisonnant les frontières entre les médiums. Ainsi, ses photographies, ses vidéos et ses dessins sont mis en relation et se font écho l’un l’autre formant de la sorte un langage plastique unitaire. Ses propositions artistiques réinventent les réalités les plus simples qui trouvent une nouvelle vie dans le détournement poétique. Des sujets anodins, de ces « petits riens » du quotidien, Nyst en donne une interprétation épurée, où le plein et le vide, le signe et le signifié dialoguent dans une vision singulière et simplifiée du monde.

En 1973, Jacques Louis Nyst rejoint le groupe d’artistes conceptuels liégeois CAP (Cercle d’Art Prospectif), fondé par Jacques Lennep un an plus tôt. Dans son manifeste, le groupe développe la notion « d’art relationnel » comme articulation de ses recherches plastiques. De relation, il en est question tant dans le rapport entre l’artiste, le public et la réalité – prolongeant les concepts de Marcel Broodthaers – que dans la démarche artistique où le récit, le descriptif et le narratif deviennent le JPEG - 1.3 Mo moyen d’expression privilégié de ces artistes.

Entre 1972 et 1977, Jacques Louis Nyst développe alors le concept de « (re)lecture photographique » où il met en relation sur un même support, une photographie et son interprétation graphique, telle une traduction personnelle. Par ce dispositif narratif, Nyst interroge poétiquement son quotidien pour expérimenter le merveilleux qui s’y cache.

En 1973, dans le premier numéro de la revue « + - O », Jacques Louis Nyst explique son processus de création : " [...]
1. Je photographie ce qui capte mon attention, j’ai ainsi une trace mécanique (neutre) d’un premier état d’éveil.
2. Le second stade du travail est la lecture de ce document, la réflexion qu’elle va me poser sera « signifiée ».
3. La juxtaposition du document et de sa lecture signifiée est l’image relationnelle d’un mécanisme de la pensée. [...] "

L’influence du câble de l’ALE sur le cadrage des hirondelles (1976) relève de ces « lectures photographiques ». Dans ce travail sériel, Nyst installe un dialogue, dans un même espace, avec une photographie qu’il juxtapose à un élément de celle-ci qu’il isole de manière subjective. Avec force d’économie de moyens, ce signe devient alors un élément de langage au service de l’image. Récit fictif, cette série compose un scénario d’apparence logique mais pourtant à l’encontre du sens commun, plongeant le spectateur dans un univers riche en poésie.


Edith Schurgers
Collaboratrice scientifique
Service Animation des Musées

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