L’eau-forte est à la mode

(Charles Baudelaire, 1862)
vendredi 26 novembre 2010
popularité : 33%

Du 26 novembre 2010 au 20 février 2011
Cabinet des Estampes et des Dessins
3, Parc de la Boverie 4020 Liège
04/342.39.23
cabinetdesestampes@liege.be

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Ce constat exprimé par Charles Baudelaire en 1862 dans « La Revue anecdotique », pourrait parfaitement s’appliquer à Liège, à quelques années près.

L’école liégeoise de gravure a connu un moment fort dès 1870 sous l’impulsion de deux maîtres aquafortistes : Adrien de Witte et François Maréchal.

Adrien de Witte (Liège, 1850-1935) et François Maréchal (Liège, 1861-1945) ont libéré cette technique de son simple rôle de procédé de reproduction. Convaincus que la gravure est une œuvre d’art originale, à part entière, au même titre que la peinture ou la sculpture, ils rejoignent le point de vue de Baudelaire qui affirmait que l’eau-forte était faite « pour glorifier l’individualité de l’artiste et trahir l’homme spontané ».

Contrairement au burin et à la pointe sèche, l’eau-forte permet une liberté du trait qui rapproche le travail du graveur de celui du peintre : « Le graveur procède avec l’acide, le peintre avec la couleur ».

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Adrien de Witte, Paysan romain mangeant, Eau-forte, 1891, © CED - Liège

Adrien de Witte réalise ses premiers essais à l’eau-forte en 1870, sur le conseil d’un ami : « Le dessin n’est rien, il nous faut l’eau-forte ». Sans négliger le dessin et la peinture, de Witte va se consacrer en priorité à la gravure. Ses sujets de prédilection sont la femme, les scènes de la vie quotidienne, à Liège ou à Rome, sans oublier le portrait qui traduit la psychologie des personnages. Classiques certes, ses eaux-fortes étonnent par la subtilité et la finesse des traits.

Mais le rôle de de Witte va au-delà de sa production. À une époque où le cours de gravure n’existe pas encore à Liège, un groupe de jeunes talents désorientés, en mal de gravure, se réunit autour de celui qu’ils appellent volontiers leur maître, qui leur dispense conseils théoriques et techniques, avec une générosité que certains soulignent.

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Adrien de Witte, Petite dame de profil, eau-forte, 1876, © CED - Liège

François Maréchal quant à lui n’aborde la gravure qu’en 1888 mais s’y consacre totalement. Sa production est impressionnante : 728 planches avec différents tirages, soit un total de 3 000 pièces, toutes conservées au CED. Maréchal maîtrise parfaitement l’eau-forte qu’il pratique d’ailleurs en plein air, ce qui l’incite à jouer avec les effets d’ombre et de lumière, de matière et de transparence. À la suite de sa rencontre avec le naturaliste Vaccari à Rome, il agrémente ses planches d’études documentaires de coléoptères, araignées, sauterelles et autres insectes qui donnent vie à ses travaux.

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François Maréchal, Vecchia Sirena (détail), eau-forte, © CED - Liège

Ce n’est qu’en 1921, soit 50 ans après les débuts de Adrien de Witte aquafortiste, que la Ville de Liège dotera son Académie des Beaux-Arts d’un atelier de gravure. « Le cours consistera à former des artistes aquafortistes qui perpétueront une vieille tradition d’art et feront honneur à la Ville de Liège où se formèrent jadis tant d’excellents graveurs ». Maréchal en est le pilier fondateur. Jean Donnay poursuivra son œuvre, suivi de Georges Comhaire, puis de Dacos et aujourd’hui de Maria Pace.

Régine Rémon, conservatrice


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