Éclipse

Mai 2014
 mai 2014
par  Musee
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Michel FRANCOIS
Éclipse, 1999
Photographie
Dépôt de la SPACE au Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)


Le plus souvent, le regard ne suffit pas pour comprendre le monde, il faut y mettre le corps tout entier. (Michel François)

Michel François est né en 1956, à Saint-Trond. Sa formation est à l’image de l’artiste multiforme qu’il est aujourd’hui. Initié au monde du théâtre durant deux ans à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) de Bruxelles, il choisit ensuite d’effectuer un long séjour en Afrique. À son retour, il est diplômé à l’école de Recherches Graphiques (ERG) de Bruxelles ; il y sera par la suite responsable de l’atelier sculpture. En parallèle à ses activités artistiques personnelles, Michel François est enseignant au Département de pratiques artistiques de l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2009. Artiste de renommée internationale, Michel François a présenté son travail dans de nombreuses manifestations d’art actuel d’importance telles que la Documenta IX de Kassel (1992), la Biennale de Sao Paulo (1994), la Biennale d’Istanbul (1996) ou encore la Biennale de Venise (1999) où il représente la Belgique aux côtés d’Ann Veronica Janssens. Ses œuvres et ses installations sont visibles dans de multiples collections publiques et privées tant en Belgique qu’à l’étranger.

Touche-à-tout des médias, Michel François a développé une œuvre hétérogène où photographies, sculptures, vidéos et installations traduisent un besoin viscéral de raconter la vie par l’image. Le vivant sous toutes ses formes (homme, végétaux, animaux, minéraux) est le protagoniste permanent de ses recherches plastiques.

Presque anthropologue, Michel François se fait « reporter documentaire » du quotidien, capturant les petits moments de tous les jours, ces situations anodines et infimes de l’existence. Ainsi, cette surprenante normalité, cet invisible de notre ordinaire est rendu visible sous l’objectif de l’artiste.

Dans son travail, directement lié avec ce qui lui est matériellement et affectivement proche, Michel François impose une dimension humaine aux choses, où la présence du corps est une récurrence, prenant la mesure de celui-ci. Cette démarche relève d’une volonté de faire corps avec l’image et donc de « vivre » ce rapport corporel aux choses.

La photographie Éclipse a été prise lors de la dernière éclipse totale de soleil du XXe siècle, le 11 août 1999. Celle-ci s’est manifestée dans les régions du monde les plus densément peuplées et a rassemblé le plus grand nombre d’observateurs de tous les temps. Entrainant un « crépuscule » anticipé et une baisse sensible des températures, l’éclipse a provoqué une sensation de froid en plein été.

Le cliché fixé par Michel François montre en plan serré le portrait d’un homme à la tête bandée, la main rivée à son téléphone portable. En arrière-plan, une mer azur et une plage noire d’un public en l’attente de la fameuse éclipse constituent le théâtre de la scène. Qui appelle-t-il ? Pourquoi a-t-il la tête bandée ? Que regarde-t-il ? Pourquoi tourne-t-il le dos à la plage ? L’image ne nous le raconte pas.

Elle fige des moments fugitifs : celui de la manifestation naturelle de l’éclipse, celui de la conversation téléphonique dont on ignore tout, en équilibre sur le fil qui sépare la vie privée, celle de cet homme, et la vie publique, l’éclipse solaire. Cette photographie nous confronte à un fragment de l’histoire : coupée, condensée, arrêtant et contraignant le regard du spectateur.

Edith Schurgers
Historienne de l’art
Collaboratrice scientifique

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