Drie Keer Belgisch/Belge Trois Fois

Du 13 octobre au 14 novembre 2010
mercredi 13 octobre 2010
par  mamac
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Drie Keer Belgisch/Belge Trois Fois est une manière d’appliquer l’acte
de peindre (à l’acrylique désormais) à ce qui ne peut plus être vu « 
qu’en peinture ». Une manière de forcer le regard sur la densité d’un
réel qui se moque des obsessions médiatiques ou politiques, pour
rendre l’humain à l’humain.

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Pourquoi peindre, dessiner ou même photographier,
sinon pour donner à voir ? Artiste plasticienne,
Catherine Van den Steen a exploré pendant dix ans,
après être sortie des Beaux-Arts de Paris en 1985,
l’abstraction, avant de revenir vers la figuration. Elle en
a gardé une manière d’observer le réel qui lui permet
d’effectuer une opération qui modifie notre manière
de regarder pour entrer dans une dimension poétique
– interprétatrice et créatrice – par laquelle nous voyons
ce qui d’ordinaire nous échappe. Il y a de l’invisible dans
le visible, que l’acte de peindre, de dessiner, voire même
de photographier, nous dévoile, en ne se contentant pas
de décalquer le réel, de le reproduire à l’identique.

Tout devient affaire de cadrage, de vibration, de
couleur, d’emplacement, de côtoiement... Dès lors une
architecture, un reflet, une silhouette, une ombre, un
arbre, un visage, nous “parlent” différemment, et
l’artiste devient celui par qui l’œil du spectateur écoute…
c’est-à-dire se laisse surprendre et déplacer plus qu’il ne
prétend englober. Ainsi ce monde, le nôtre, se révèle-t-
il comme un autre – de même que le philosophe Paul
Ricœur invitait à se considérer « soi-même comme
un autre » –, vivant, étonnant, mystérieux, en devenir.
Paradoxalement, dans l’espace d’un dessin, dans le
cadre d’une peinture, rien n’est enfermé, tout devient
ouverture, dépassement, voyage, reconnaissance.

Née en France de parents belges, Catherine Van den
Steen a voulu, en 2008, faire de la Belgique le sujet
d’une nouvelle étape de son travail artistique. Assez
vite, elle a laissé de côté le souci d’approfondir ses
origines complexes. Elle n’a pas voulu non plus faire des
tensions identitaires qui traversent le pays le nœud de
son travail, mais plutôt placer le “lieu” belge dans le
collimateur de son acte pictural pour dévoiler la texture
humaine.

Avec le mode d’expression qui est le sien, Catherine Van
den Steen ne donne pas de leçon à la Belgique. Elle l’invite
à se regarder à travers trois villes – Liège, Bruxelles et
Anvers – et trois médiums artistiques – la peinture, le
dessin et la photographie. Si la peinture se montre à
Liège, au musée d’Art moderne et d’art contemporain,
le dessin à Bruxelles, à Bozar, et la photographie à
Anvers, sous le patronage du FotoMuseum, dans les
salons du consulat général de France, dans chaque lieu,
les trois “points de vue” sont offerts au regard, dans un
dialogue permanent.

Regardez-vous, regardons-nous, suggère l’artiste au
spectateur, qui ne saura pas toujours si telle œuvre
renvoie à une situation liégeoise, anversoise ou
bruxelloise. Il y a du commun et de la différence, de
la différence commune, à travers quoi se définit une
manière d’être trois fois belge.

Vivant en France, mais fidèle à un amour de la lumière
et des gens enraciné, notamment dans la peinture
flamande et particulièrement celle de Breughel,
Catherine Van den Steen ne peut que ressentir cette
singularité. Dès lors, à partir de ses œuvres, chacun peut
se représenter la Belgique, au présent, une et multiple.
Vibrante. Inattendue parce que humaine. Par son art de
voir, l’artiste invite à veiller sur un art de vivre.

Jean François Bouthors


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